Histoire de l'imprimerie

Histoire
L'histoire de l'imprimerie est étroitement liée à celle de l'humanité. 
Depuis que l'homme a créé des moyens de communiquer (peintures rupestres, écriture...), il a cherché à pérenniser ses œuvres et à les diffuser.
Des scribes égyptiens qui gravaient la pierre aux moines copistes médiévaux qui passaient leurs journées à reproduire des œuvres — œcuméniques pour la plupart — en les recopiant à la main, l'homme a très vite cherché à automatiser ces moyens de copie.

Invention de l'imprimerie en Chine
L'invention du papier est due aux Chinois, qui l'inventèrent vers l'an 105 de notre ère, il a été un élément décisif dans l'invention de l'imprimerie, car il permettait enfin d'avoir un support écrit léger, souple et peu coûteux, indispensable à une production de masse de l'écrit. Il ne manquait plus alors pour remplir le papier qu'une technique plus fiable et plus rapide que la main humaine.
L'imprimerie fut inventée en Chine, au début de la dynastie Tang, située entre 618 et 907. Ils transposèrent la technique des sceaux qu'ils utilisaient déjà à une plaque en bois qui representait toute la page à imprimer. 
Entre 1041 et 1049, un artisan Pi Cheng, inventa le caractère mobile, ce qui permit de développer l'imprimerie, en accélérant encore la composition des pages à imprimer.

Fondeur de caractères
versant le plomb dans la matrice de la fondeuse
Gravure sur bois de Jost Amman (1568)

En Europe
C'est ainsi qu'apparurent les premières pierres gravées permettant la reproduction en nombre d'écrits, de gravures : la lithographie. Puis l'on utilisa des plaques de bois gravées à l'envers sur lesquelles on appliquait l'encre qui allait à son tour être posée sur le papier. Les balbutiements de la typographie se heurtaient à un problème de taille : en cas d'erreur, il fallait tout refaire.


Gutenberg
 
Johannes Gensfleisch, plus connu sous le nom de Gutenberg, eut l'idée, vers 1440 à Strasbourg, de prendre le même procédé, mais avec des caractères mobiles métalliques. Ce fut la naissance de la typographie moderne. On attribue à Gutenberg la naissance de la typographie, mais cette dernière existait déjà bien avant en Chine. De cette évolution, on retiendra donc deux types de livres. Les incunables, livres de l'ère prégutenberg édités entre 1450 et 1500, et les livres dits modernes, issus de la typographie et des techniques plus modernes telles que l'impression offset ou l'héliogravure.
Le patron des imprimeurs est saint Jean Porte Latine. L'imprimerie s'est longtemps enorgueilli de certaines traditions très colorées telles que l'Article IV et un chant (d)étonnant l'accompagnant, le À la....


La typographie a occupé la scène de la communication du XVIe siècle jusqu'au troisième quart du XXe siècle.
Les temps modernes ont vu apparaître de nouvelles techniques de reproduction tant pour l'imprimerie proprement dite que pour la bureautique. 
La xénographie, procédé de photocopie, la ronéotypie, le fac-similé (la télécopie). L'industrie graphique s'est vue doter d'outils nouveaux avec l'avénement de l'impression offset où l'on a remplacé les caractères en relief par un procédé de report d'encre et d'eau sur une plaque offset. Les parties à ne pas imprimer reçoivent l'eau et les parties à reproduire, l'encre, qui est hydrophobe. La plaque est ensuite pressée contre un blanchet et le blanchet imprime par report la feuille. Ce procédé a permis d'introduire l'impression en quadrichromie, c'est-à-dire en couleurs, le spectre étant reproduit à partir de trois teintes primaires (le cyan, le magenta et le jaune) auxquelles on a ajouté le noir afin d'économiser sur les teintes et donner plus de contraste aux tirages en couleurs.

Technologie : évolution et diversité
Parallèlement, la composition s'est informatisée. 
On a vu apparaître, à la fin des années soixante, début des années soixante-dix, les premiers procédés de photocomposition.

Un système de miroirs dans lesquels les caractères étaient ajourés servait de « pochoir » à la lumière qui allait impressionner une surface sensible, le bromure. Ce dernier était ensuite révélé et fixé comme un papier photographique ordinaire. 
Les textes ainsi composés — au kilomètre — allaient ensuite être montés sur les supports et la mise en page se faisait manuellement. 
Le montage achevé, on filmait le tout puis on insolait la plaque qui allait servir à l'impression. 
La photocomposition allait perdurer presque vingt ans, les procédés évoluant avec l'apparition du laser qui allait insoler directement les films, faisant disparaître les systèmes à miroirs.
Le grand tournant de cette fin de siècle fut l'apparition des premiers ordinateurs personnels (PC AT et XT) et surtout des Macintosh, au début des années quatre-vingts, qui ont vu la naissance de la publication assistée par ordinateur (la PAO). Ce micro-ordinateur a permis pour la première fois de tout faire sur le même poste : acquisition d'images numérisées, retouche des images, création de dessins vectoriels, mise en pages avec des logiciels dédiés, permettant d'amalgamer textes et images. Ces opérations étaient déjà possibles sur des systèmes dédiés mais au coût prohibitif. Le Macintosh, en particulier, a permis de démocratiser ce métier tout en provoquant certains dérapages. D'aucuns se sont sentis l'âme d'un Gutenberg sans en avoir les compétences et cela a donné lieu à des créations pour le moins surprenantes... ainsi qu'à une dépréciation du métier. L'outil n'était pas en cause. L'imprimerie est un art et, comme tout art, il y a certaines règles à respecter afin de fournir un travail équilibré, agréable à l'œil et exempt de fautes d'orthographe... et de goût.



Parallèlement à l'évolution de la composition, c'est toute la chaîne graphique qui a connu, ces dernières années, de profonds bouleversements. Ainsi, à partir du poste de composition, photogravure et mise en page sont venus s'adjoindre divers périphériques d'écriture tels que les CtF (Computer to Film), appelés aussi flasheuses, qui permettent de sortir les films de chacune des quatre couleurs d'impression afin d'en faire les plaques par transfert optique. Gros progrès qui permet de se passer du montage manuel des mises en page. Cependant, le transfert optique a cet inconvénient qu'il fait perdre de la définition dans les points de trame et ne dispense pas de retouches sur plaques, car il peut y avoir des « pétouilles », dépôts parasites dus à des poussières.
L'évolution suivante a été le CtP (Computer to Plate) — graveur de plaques — où le film a été remplacé par la plaque (base aluminium en général, parfois en polyester) qui sera alors insolée ou gravée directement à partir du fichier électronique. Ensuite, l'opérateur n'a plus qu'à caler ses plaques directement sur la presse.











Dernière évolution en date, concernant la presse offset classique, c'est l'embarquement du système CtP sur la presse. C'est ce que l'on appelle le DI (Direct imaging). Il n'y a alors plus d'opération intermédiaire entre le poste de mise en pages et la presse, la gravure se faisant directement sur le cylindre porte-plaque de la presse offset. Avantage : repérage exceptionnel des quatre groupes et économie de temps de calage.



















Un autre créneau est né des dernières évolutions des photocopieurs, ce sont les presses dites numériques où tout le système classique a été remplacé par des systèmes de transfert d'image du type photocopieurs, permettant alors des tirages instantanés et fidèles du document d'entrée (fichier, épreuve...), mais avec un coût largement supérieur, ce qui le réserve, pour le moment, à de courts tirages.